Samedi matin 09h00. J'accroche le van. En route.
Autoroute vers Lille.Frontière. Clic. Je me sens prisonnier. Bof. Mieux vaut un petit clic qu'une claque sonnante et trébuchante. A Lille, direction Paris. Je trace. Les camions m'énervent.
Je sors à Arras. Après la traversée de la ville, je plonge, à travers la Somme, vers Oisemont, à quelques lieues de la Haute. Je fatigue mais je sens l'odeur du bourrin, les souvenirs me reviennent au trot, au galop. Ca aide. Je remonte sur la A28 direction Rouen. C'est beau maintenant. La vallée de la Bresle. Le pays de Bray. Dans le vide poche, le petit caillou attire mon regard. Il ne brille pas. Je le retourne délicatement dans la paume de ma main. Une pensée triste.
D'autres chemins dans d'aures bocages dont l'automne n'a pas gommé totalement le vert. J'arrive. Ils m'ont vu. La grille est ouverte. Retrouvailles. Déjà si longtemps. Deux ans. Loly, la chienne labrador n'est plus là. Elle s'est éteinte l'année dernière. J'ai toujours cru que ceux qu'on aimait ne pouvait pas mourir. Encore une pensée triste. Sms, Arrivé, je t'aime.
On va voir le poulain. Il est difficile. J'entre dans le paddock. J'aime. je m'assied à même le sol. Il vient lentement. Intrigué. Je lui parle doucement. il me sent. Il me mordille. A chacun de mes gestes, il recule. Mais revient. Il fnit par accepter ma main. Caresses. Bonheur. La vie. La vraie vie. Rien n'est virtuel ici. je n'ai pas quarante identités. Je ne me la pète pas. Juste lui et moi.
Soirée. Repas. On parle. De bourrin. Rien que de bourrin. On refait toutes les courses. Toutes les histoires. Encore. Et encore. Le virtuel se réinstalle à travers les nouveaux rêves, les nouveaux espoirs. 23h00. Crevé. Dodo.Samedi soir sur la terre sans toi. C'est son sms.
Dimanche matin 09h00. Petit dejeuner. Elle me donne un casse-croute pour la route. Embrassades. Signes. En route.
Arrivée à Forges-les-eaux. Autres retrouvailles. Courtoisie. Actualité hippique. On charge Kalinka. Elle est belle. Très belle. Majestueuse. Elle ressemble à son père. Elle a la gentillesse de sa mère. Je pense à sa mère. Une "Du Viver" qui m'a accompagné longtemps. Toujours des pensées tristes.
On the road again. Cette fois, prudence. Je m'en fous de la bagnole et du van. Seule compte Kalinka. Seule compte cette vie qui m'est chère. Crispant. Et long. Très long. Frontière. Clac. Déjà un oppressement en moins. Ouf. J'arrive. Box. Foin. C'est bien.
Ho! Un petit caillou. Je la retourne délicatement dans la paume de ma main. Cette fois, elle brille.
dimanche 09 novembre à 22h43
par
serge
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